Géographie de l'Île de Corfou (Kerkira)

L'île de Corfou (kerkira en grec) est une grande île de 592 km² (la 2° par sa superficie des îles ioniennes) qui s'étire le long des côtes de l'Epire au nord est de la Grèce continentale. Elle est la plus septentrionale des îles grecques et sa partie supérieure est située à proximité des côtes albanaises, dont elle est séparée par un chenal de quelques kilomètres seulement (2 à 10km environ). Corfou est une île relativement montagneuse dans sa partie nord avec le Mont Pantokrator qui culmine à 906 m. La partie centrale est vallonnée et couverte de forêts et de cultures, la partie sud est moins arrosée et moins boisée. Il faut savoir que la situation limitrophe de l'Epire et des montagnes des Balkans en fait une île abondamment arrosée l'hiver et qui reçoit même des précipitations au printemps et en été. Le temps est souvent plus doux dans cette partie de la Grèce que par exemple dans les Cyclades ou dans la partie continentale. Ceci explique que l'île soit verdoyante, couverte principalement de pins, de chênes, de cyprès, d'immenses champs d'oliviers et de vignobles. Sa population est d'environ 96 000 habitants. Corfou fût longtemps sous domination vénitienne puis française et anglaise (fin18° et 19°), elle a donc subit diverses influences qui se reflètent dans l'architecture de la capitale mais aussi dans la façon de vivre de ses habitants. Les activités principales sont l'agriculture (oliviers, huile et olives, vins, céréales, production de miel etc...). Mais aussi le tourisme qui est très développé depuis plus de 30 ans, certains abus du tourisme de masse auraient besoins d'être réfrénés afin que cette belle île ne devienne pas, dans certaines régions, une nouvelle côte espagnole avec ses excès de fêtes débridées comme on peut en entendre parler parfois.

Mythologie, histoire de l'Île de Corfou

L'île de Corfou possède un climat favorable et une végétation riche. De plus, elle est située à proximité du continent, tout ceci a favorisé dès le néolithique l'installation humaine. Elle fût habitée il y a 70 000 ans (site de Haghios Matthaios) et sites préhistoriques près de Kephali, Aphion et Ermones. Ces communautés agricoles ont des relations commerciales avec l'Epire proche. Selon la tradition mythologique, elle doit son nom actuel à la nymphe Kerkyra ou Corcyre, fille d'Asopos dont Zeus tomba amoureux. Elle donne naissance à Pheakas et devient l'île des Phéaciens pendant la période antique. Elle est mentionnée par Homère comme l'île de Schérie et la fin de l'odyssée relate la relation entre Naussicaa, fille du roi Alkinoos (roi des Pheaciens, et Ulysse avant son retour définitif à Ithaque).
Des habitats de ces périodes de l'age du bronze ont été trouvés sur la cote ouest proche de l'Epire, ce qui montre bien que l'île était en relation avec les autres cités grecques de cette période ancienne.
Des colons d'Erétrie (ville de l'île d'Eubée), s'installent vers 780 avant J.C, puis des colons corinthiens qui créent la ville de Corfou dans la presqu'île appelée maintenant Kanoni. Cette nouvelle ville connaît un développement rapide, le commerce est important avec les villes du sud de d'Italie et de la Sicile, ainsi que les côtes Dalmates et Illyriennes. En 432 avant J.C, elle entre en conflit avec la ville de Corinthe car elle désire acquérir son indépendance. Elle demande l'aide de la ville d'Athènes, le conflit qui commence durera environ 30 ans et restera célèbre sous le nom de « guerre du Péloponnèse » (voir le livre de Thucidide qui relate toute cette période). A la fin du 4° siècle, elle passe sous domination spartiate, ensuite sous celle du Tyran de Syracuse, puis sous celle de Pyrrhus (roi d'Epire en 281 avant J.C.). Elle est assiégée par les pirates Illyriens en 229 avant J.C. Kerkira se tourne alors vers Rome pour demander sa protection, elle devient vassale peu de temps après des Romains. Pendant près de 200 ans, elle reste sous l'emprise de Rome jusqu'en 31 avant J.C où elle est prise dans le conflit entre Antoine et Octave. Agrippa, beau frère d'Octave, dévaste l'île et rase les édifices antiques, la ville mettra 200 ans à se relever complétement de ce désastre. La séparation des empires romain d'orient et d'occident donne l'île de Corfou à l'Empire Byzantin, au 5° siècle. Tous les sanctuaires païens sont détruits pour construire une imposante basilique dont les ruines sont encore visibles à Palaiopolis (presqu'île de Kanoni).
Après 150 ans de relative prospérité, les Goths envahissent l'île et détruisent la ville. Les habitants établissent une nouvelle ville plus au nord et mieux protégée grâce à des fortifications naturelles (rochers de l'ancien fort devant la ville nouvelle le Paleio Phrourio). La période est aux invasions normandes et aux diverses bandes de pirates. Les empereurs byzantins n'arrivent pas à contenir les invasions car l'empire byzantin est trop important et en butte à diverses incursions. Après la première prise de Constantinople par les croisés et les francs, l'île de Corfou est prise par les vénitiens (1204), puis par le despote d'Epire (1214), puis par le despotat de Thessalonique (1236) et revient à la maison d'Anjou de Naples (1267 à 1386). Elle retourne sous la domination vénitienne en 1386 pour 4 siècles de stabilité enfin jusqu'en 1797.
Les troupes napoléoniennes demeurent 3 années sur l'île avant que l'île soit prise par les russes, aidés par les turcs en 1800. Un état presque indépendant mais sous protectorat russe se met en place : L'état des Sept îles. C'est dans ce nouvel état que le futur chef de l'indépendance grecque, Capodistria, joue un rôle important. En 1807, les français reviennent à Corfou et développent la ville, l'économie locale et l'enseignement public. Ils fondent l'Académie Ionienne, l'Institut de Sciences et des Arts. Le congrès de Vienne donne Corfou à l'Angleterre et elle restera en possession anglaise jusqu'en 1864, date à laquelle la reine Victoria donne les îles ioniennes au nouvel état grec indépendant depuis moins de 40 ans. Pendant la seconde guerre mondiale, les îles ioniennes furent, comme toute la Grèce, sous domination italienne puis allemande et subit beaucoup de destructions et de répressions.

A découvrir sur l'Île de Corfou

La ville de Corfou (Kerkira Corcyre) est une très belle ville dont une importante partie date du 18 et 19° siècle. Elle fait partie avec Nauplie de Rhodes, Monemvasia de ces lieux qui ont conservé leur charme. Le vieux quartier avec ses ruelles, ses arcades, son animation méditerranéenne, ses vielles églises (Aghios Spiridon, Panaghia Spiliotissa, Panaghia Kremasti), l'ancienne fortification le Paleio Phrourio domine le port, et l'esplanade faite en 1816 par les anglais. Cette vaste place est bordée d'arcades construites lors de la période française. A proximité, le musée archéologique abrite des sculptures et des céramiques, ainsi que le fronton du temple d'Artémis qui date du 6° siècle avant J.C (période archaïque).
La péninsule de Kanoni conserve encore quelques vestiges de la ville ancienne.

  • Quelques villages anciens
    • Village de Perithia, situé dans la région nord de l'île de Corfou. C'est un ancien village situé devant la montagne du Pantokrator (la plus haute montagne de l'île de Corfou : 906 m) on y accède par une belle route. De belles maisons de l'époque vénitienne et quelques églises.
    • Spartilas, Strinilas : deux villages situés parmi les oliveraies dans les contre fort du mont Pantokrator où la vie semble s'être arrêtée dans ces villages agricoles.
    • Peroulades : situé au nord ouest de l'île et assez excentré, ce village agricole aux maisons vénitiennes est demeuré à l'écart des migrations saisonnières.
    • Varipatades : village de montagne situé au centre de l'île. Les maisons sont blanchies à la chaux ou au rose vénitien.
    • Sinarades : village de montagne situé à proximité de la côte ouest.
    • Hlomos, Agios Dimirios : situés au sud est de l'île. Deux anciens villages demeurés protégés car ils ne sont pas situés en bord de mer. Mais ils sont presque vidés de leurs habitants.
    • Boukari, Petriti : deux ports isolés qui n'ont pas encore attirés les foules touristiques qui préfèrent faire la fête vers Messonghi , Kavos benitses moraitika etc...

 

  • Les plages :
    • Les plages du nord : de nombreuses plages (souvent avec des hôtels autour) dont les principales sont : Arilas, Agios Georgios, Agios Spiridonas, Sidari avec ses rochers particuliers, Longa (près de Peroulades).
    • Baie de Paléokastritsa, à l'ouest de l'île : des collines verdoyantes se jettent dans la mer et forment de belles petites criques de sable. Un endroit qui a conservé toute sa beauté même s'il est prisé par les visiteurs et que quelques hôtels se partagent ce lieu paradisiaque.
    • Kassiopi : cet ancien port est devenu un lieu touristique.
    • La partie sud de l'île possède aussi de belles plages de sable, elles sont souvent à proximité de concentrations touristiques (hôtels et clubs, boites de nuits ,bars etc...)
    • Glyfada : la belle plage de Glyfada est accessible grâce à une bonne route qui se termine devant un grand hôtel. (Less plages ne sont jamais privées en Grèce il est donc possible de profiter de cette belle plage de sable).

 

L'île de Corfou est réputée pour la douceur de son climat (il peut pleuvoir de temps en temps même au cœur de l'été). Ceci lui permet d'avoir une végétation importante: de nombreux arbres fruitiers, de vignes et d'oliviers. Elle a donc depuis plus de 40 ans favorisé un tourisme important venu des pays nordiques car la chaleur sèche de la Grèce continentale et des îles de la mer Égée peut les importuner. Aussi, elle possède beaucoup de grandes structures hôtelières avec animations diurnes et nocturnes, elle conviendra donc principalement aux amateurs de ce type de vacances.

 

Découvrez nos voyages pour les Îles Ioniennes


Conditions générales - Mentions Légales - Détours 2014 - Site réalisé par Dare Pixel