Géographie de l'Île de Spetses

Spetses est une petite île de 22 km2, presque ronde, verdoyante, couverte de pins située à la pointe sud de l'Argolide à proximité des ports et stations balnéaires de Porto Heli et Kosta. Les 4000 habitants vivent, de la pêche, de la réparation de bateaux et principalement du tourisme depuis le début du 20ème siècle. A partir de 1920 / 1930, beaucoup de grecs et de britanniques aisés venaient profiter de la douceur du climat et de son calme (la circulation des voitures est réglementée). De nombreuses familles grecques y possèdent des maisons ou appartements et viennent passer leurs fins de semaines et leurs vacances d'été.
L'ancien nom de cette île était Pityoussa : l'île plantée de pins, les vénitiens l'auraient nommée l'île parfumée « isola de Spezzie » ou comme une réminiscence de « la spézia » port de l'Italie. Une autre possibilité est que ce nom serait la modification de Petsa, nom donné à l'île il y a un siècle, auquel aurait été ajouté le préfixe grec « S » d'où le nom de Spetsa ou Spetsai en langue grecque « Katharévousa », la langue des érudits par rapport au démotique, la langue du peuple.
L'île est surtout connue maintenant parce qu'elle a jouée un rôle important pendant la guerre pour l'indépendance de 1821, elle a fourni, comme sa voisine Hydra, beaucoup de bateaux pour lutter contre la marine ottomane et ses marins se sont battus pour la libération de la Grèce. Spetses est l'île de Lascarina Bouboulina « mpoumpoulina » en grec, l'héroïne qui est née et a vécu à Spetses, capitaine de marine marchande. Elle fît fortune pendant le blocus continental des guerres napoléoniennes en transportant des marchandises et en forçant le blocus. Elle devint pendant la lutte pour les turcs capitaine de guerre en engageant ces navires contre les ottomans.

Mythologie, histoire de l'Île de Spetses

La pityoussa antique était habitée depuis le néolithique et l'âge du bronze, sur le site d'Haghia Marina au sud de la ville de Spetses actuelle (2500 à 2000 avant J.C). Elle était sans doute un point de ravitaillement pour les navires qui traversaient la mer Égée et naviguaient de l'Argolide aux îles et jusqu'en Asie mineure et en Crète. Les liens et les échanges entre les civilisations cycladiques, minoennes, mycéniennes avaient besoin de ces comptoirs réguliers. Riche en pins, elle devait également servir de lieu de construction et de réparation des navires, la résine servant pour le calfatage.
La ville de la Grèce antique classique est située à Kastelli à proximité de la ville moderne, il y a peu d'indications sur la vie de cette ville et son histoire, elle est donc peu intervenue dans l'histoire de la Grèce. Elle a, comme toutes les autres îles grecques, été dominée par les rois macédoniens (Cheronée 338 avant J.C), puis par les romains et est devenue partie prenante de l'empire byzantin. Les nombreuses attaques de pirates ont fait fuir les habitants et elle aurait été abandonnée entre les 9ème et 15ème siècles, avec la prise de Constantinople en 1204, elle fait partie des territoires vénitiens qui, suivant certains spécialistes, lui auraient donné son nom. La colonisation turque du Péloponnèse fait fuir beaucoup de grecs et d'albanais orthodoxes qui se réfugient sur l'île et la repeuplent. En 1490, les turcs envahissent l'île et en resteront maîtres pendant plus de 300 ans. A partir du 18ème siècle, elle est une puissance maritime importante en méditerranée comme sa voisine Hydra, les îliens de Spetses deviennent marins et commerçants, et construisent des navires. C'est avec cette flotte qu'ils s'illustreront lors de la guerre d'indépendance de 1821.
Elle fait partie depuis 1830 du nouvel état grec indépendant.

A découvrir sur l'Île de Spetses

  • La ville de Spetsai s'étend le long de la mer et gravit les collines environnantes. Le quartier Kastelli est la fortification qui entourait la ville à l'origine, le quartier Kokinnaria et Palio Limani, l'ancien port. Le cœur de l'île est le petit port de Dapia, avec ses six canons qui datent de la guerre d'indépendance. Autour du port, des restaurants, tavernes, cafés, pâtisseries avec une animation qui dure une bonne partie de la nuit. Derrière le port, le musée, installée dans la belle maison Hadziyannis Mexis « arkontika construit en 1795 » abrite les souvenirs de l'époque de la guerre d'indépendance et des objets d'art populaire.
  • Musée Bouboulina : il est installé dans la maison (vieille de 300 ans) où vivait « la bouboulina » (1771-1825). Le musée de l'héroïne locale, une femme qui a eu une vie de lutte perpétuelle. Elle naît en prison car son père Stavrianos Pitnotzis (un armateur de Hydra) a été condamné à mort par les turcs (il avait participé à la guerre russo-turque de 1768). Il purge sa peine dans les prisons de Constantinople où il meurt. Elle est baptisée à Constantinople en 1771, elle peut repartir avec sa mère et ses deux sœurs pour Hydra et Spetsai. En 1774, sa mère se marie avec Dimitrios Lazarou-Orlov. De ce mariage naissent huit enfants, dont 6 demi-frères. Elle se marie avec un capitaine Dimitrios Giannouzas en 1788, à 17 ans, cet homme meurt en 1797. Elle se remarie en 1801 avec Dimitri Bouboulis, ce capitaine fait fortune en forçant le blocus continental pendant les guerres napoléoniennes et meurt en 1811 lors d'une bataille avec des pirates algériens. Après cette date, avec sa fortune, elle arme des bateaux et se lance dans le négoce. En 1821, elle hisse le drapeau grec sur son dernier navire l'Agamemnon qui vient d'être terminé et l'arme pour lutter contre les turcs. Pendant cette guerre d'indépendance, elle exhorte ses hommes au combat et participe à la révolution grecque. Elle sera nommée amirale, et ses exploits (sans doute enjolivés quand même) feront le tour de l'Europe.
  • De nombreuses petites chapelles et églises sont à visiter principalement dans le quartier Kastelli (fortifié par les vénitiens) : église de la Panaghia (Koimisis Tis Theotokou 17ème siècle) Agios Vassilis, Agios Taxiarchis, Agia Triada (1793).
  • Ainsi de nombreuses autres églises comme Agia Georgios, Agios Paraskevi, Vrellou, et le monastère Agios Nikolaos (église du 17ème siècle qui possède plusieurs mosaïques en galets).
  • Autour de l'île, des autobus font les trajets entre les différents points de l'île par l'unique route, ceci permet d'accéder à de minuscules ports et villages et à des criques propices à la baignade.
  • Les plages sont souvent petites mais bien abritées, ombragées par les pins qui les bordent (Anagiri, Zogeria, Paraskevi, etc...).

 

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