Géographie de l'Île d'Hydra

Hydra est une île rocheuse et montagneuse, aride, un rocher de 50 km2, comme un vaisseau de pierre de 20 km de longueur et de seulement 2 à 2,5 km de large avec le mont Eros culminant à 593 mètres qui serait immobile au large de l'Argolide. Son nom d'Hydra « eau » est sans doute ironique parce que, si elle reçoit de l'eau de pluie en hiver, elle ne possède que quelques sources insuffisantes pour la population et hors, quelques petites et étroites plaines côtières, l'île présente surtout des falaises au voyageur de passage. Il semblerait que, par le passé, l'île ait été plus verdoyante et couverte en partie de pins et des cultures en terrasse, des citernes souterraines permettaient de réserver les eaux de pluie pour la saison sèche. Les forêts de pins exploitées pour la fabrication des navires depuis des siècles n'existent plus, les eaux de ruissellement ont raviné les sols et les cultures ont été abandonnées. Maintenant l'eau arrive par bateau citerne du continent.
La petite capitale Hydra est un très beau port avec ses maisons anciennes ses « archontika » maisons de capitaines et d'armateurs qui firent fortune de la fin du 18ème au début 19ème siècle, constructions de pierre de 2 ou 3 étages qui s'étalent autour du port et gravissent les premières collines comme un amphithéâtre. La richesse de l'île a été de courte durée, les habitants ne pouvaient rien faire sur ce sol ingrat, ils se tournèrent vers la mer et le commerce à partir des années 1645, lors du blocus des britanniques face à Napoléon 1er. Les îliens percèrent le blocus et firent fortune en quelques années, la guerre d'indépendance de 1821 à 1829 pendant laquelle ils s'illustrèrent fût le début de leur fin, leur marine détruite, ils retombèrent dans l'oubli jusqu'au 20ème siècle.
Hydra, grâce à ce port, est devenu dès le milieu du 20ème siècle l'endroit où il fallait être, (livre de l'écrivain américain Miller, films avec pour cadre l'île) le « chic » pour les touristes fortunés des années 1950 et 1960, l'île cosmopolite par excellence. Maintenant, cette clientèle est en majorité partie vers des lieux plus lointains avec le développement des transports aériens. L'île garde son charme et fait le bonheur des personnes qui savent prendre leur temps de demeurer quelques nuits sur place afin de gouter à la vie tranquille des 2500 à 3000 habitants (lorsque les bateaux de croisière qui font escales quelques heures dans la journée tout au plus sont repartis) et les randonnées à travers l'île par des chemins muletiers.
Hydra est un site classé qui a conservé ses maisons de 1820, l'île est interdite aux véhicules à moteur, il ne reste comme mode de transports que les ânes et les mulets qui escaladent les ruelles pentues, la marche et les bateaux taxis.

Mythologie, histoire de l'Île d'Hydra

Dans l'antiquité elle s'appelait Hydriaia, quelques habitats datant d'environ 2500 avant J.C ont été trouvés sur l'île qui atteste d'une présence (contacts avec la civilisation cycladique : outils en obsidienne de l'île de Milos). Des fouilles effectuées près de la ville actuelle prouve qu'elle fût habitée à l'époque mycénienne, elle devait dépendre de Mycénes et devait être une escale maritime pour les navires qui se dirigeaient vers Athènes et les Cyclades.
L'arrivée des Doriens entre 1100 et 1000 avant J.C dans le Péloponnèse qui prirent la place de la civilisation mycénienne moribonde entraina la fin du comptoir mycénien d'Hydriaia. Elle ne fût plus pendant des siècles que par des bergers arrivés sans doute du continent proche et le port d'Hermioni. L'île appartenait à Hermioni jusqu'au 6ème siècle avant J.C qui la vendit à l'île de Samos à cette époque.
Pendant les siècles suivant, il n'y a aucune explication sur l'histoire de l'île, comme la Grèce était dans une période de civilisation florissante, il est possible qu'Hydra n'est pas été habitée puisqu'elle était très pauvre, les grecs devaient habiter dans les villes et les plaines les plus riches pour profiter d'une vie meilleure.
Après la période macédonienne et romaine, l'empire byzantin avec ses bouleversements, la piraterie qui sévit en méditerranée, des îles comme Hydra d'apparence aride pouvait devenir un refuge. Aussi à cette époque elle redevient florissante (trouvailles faites dans la région d'Episkopi sur la côte sud est de l'île).
Après la prise de Constantinople en 1204, les francs, les vénitiens, etc... organisent des razzias, la piraterie redouble, l'île est à nouveau désertée. Vers 1460 des Albanais orthodoxes, d'Epire de Crète et d'Asie mineure qui fuyaient la conquête ottomane se serait réfugiés sur Hydra repeuplant l'île. Lors de la domination ottomane à partir des années 1540 l'île trop pauvre, ne pouvait pas rapporter d'impôts, elle fût en partie épargnée. Elle commença à se développer à partir de 1640 lorsque les habitants créèrent une école de marine marchande et lancèrent leurs premiers navires. Avec le développement de sa flotte et des navires de plus en plus importants le port et la flotte d'Hydra devînt important en méditerranée. L'empire ottoman percevait des taxes importantes et interdisait aux navires grecs de franchir les Dardanelles pour transporter les blés d'Ukraine, les russes obtinrent un nouveau traité et les bateaux d'Hydra naviguèrent sous pavillon de l'empire russe (guerre russo-turque de 1768- 1774).
Pendant les guerres napoléoniennes, les navires d'Hydra percèrent le blocus pour fournir du blé jusqu'à Marseille et firent fortune, ils construisirent leurs riches demeures avec cet argent, pendant la guerre d'indépendance de 1821 l'île fournit la majorité des navires et les armateurs d'Hydra comme de Spetses s'engagèrent dans la lutte (par exemple l'amateur Miaoulis devint amiral de la flotte grecque).
Les dissensions et les guerres intestines aboutirent à la destruction de la flotte grecque en 1831.
L'indépendance n'apporta pas la richesse pour Hydra dont les navires avaient été détruits en majorité. Les navires à vapeur prirent graduellement la place de la marine à voiles, le port d'Hydra était trop petit pour ces nouveaux bateaux au tonnage important, les ports de d'Ermoupolis à Syros et du Pirée devinrent les deux ports importants de la Grèce et l'île Hydra perdit sa puissance. Elle se reconvertit pendant quelques dizaines d'années dans la pêche aux éponges, les maladies des éponges de méditerranée et l'industrie suffirent pour stopper cette activité. Maintenant l'île ne fît principalement que du tourisme.

A découvrir sur l'Île d'Hydra

  • Port d'Hydra : un charmant petit port avec ses maisons de pierre qui date de 1780 à 1820. On est très loin des îles des Cyclades avec ses maisons blanches et cela qui en fait aussi la beauté. Les vieilles demeures des armateurs et des capitaines ont été bien conservées ou remises en état, elles abritent parfois des hôtels de charme. Il y a des boutiques et quelques musées (maisons Voulgaris, Koundouriotis, Tombazis, Botsis, Kriezis, Tsamados, etc...) mais aussi le monastère de Kimissis Theotokou au cœur du village.

    Au dessus de la ville, montez vers le sommet du mont Eros et visiter les deux monastères Profiti Ilias et Agia Efpraxia. Une longue balade qui vous permettra de découvrir l'intérieur de l'île d'Hydra et profiter d'une belle vue sur la mer.

    Deux routes longent la mer et partent de chaque côté de l'île, une vers Vlichos et Kaminia l'autre vers Mandraki.

    De l'intérieur du village un chemin part vers l'intérieur vers le Profiti Ilias et continue jusqu'à Vlichos et finir par atteindre Episkopi.

    Kaminia : petit port avec quelques maisons, tavernes, et une petite crique de gros sable avec parasols et transats.
  • Mandraki : situé à 3 km du port, une petite baie avec une plage de gravillons, au 18 et 19ème siècle cette rade était le lieu d'ancrage de la flotte d'Hydra et de réparation (l'île à cette époque possédait environ 125 navires et 10 000 marins). Maintenant ne subsiste qu'une taverne et un hôtel assez défraichi. Près de Mandraki, il est possible d'aller visiter les monastères d'Agios Nikolaos, Agia Matrona et Agia Trias.

 

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